DMLA : Diagnostic et Traitement à Paris

Injections anti-VEGF, imagerie rétinienne et suivi régulier de la macula

La DMLA : première cause de cécité légale après 50 ans

La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est une maladie chronique et évolutive de la macula, la zone centrale de la rétine responsable de la vision fine, détaillée et des couleurs. La macula concentre les photorécepteurs de type cônes, spécialisés dans la perception des couleurs, des contrastes et des détails fins. C'est cette région qui nous permet de lire, de reconnaître les visages et de conduire. La DMLA touche les sujets de plus de 50 ans et concerne plus d'un million de personnes en France, constituant la première cause de cécité légale dans les pays industrialisés.

La prévalence augmente fortement avec l'âge : environ 1 % à 55 ans, 10 % à 70 ans et jusqu'à 25-30 % au-delà de 80 ans. La DMLA se traduit par une perte progressive de la vision centrale : difficulté à percevoir les couleurs, les contrastes et les détails, apparition d'une tache au centre du champ visuel (scotome), et déformation des images dans le champ de vision central (métamorphopsies). La vision périphérique est préservée, mais la vision centrale, la plus utile au quotidien, se dégrade progressivement ou brutalement selon la forme.

Facteurs de risque de la DMLA

Certains facteurs sont modifiables et permettent de réduire le risque ou de ralentir la progression de la maladie.

Facteurs non modifiables

  • Age : principal facteur de risque, surtout au-delà de 60 ans
  • Prédisposition génétique : variants des gènes CFH (Complement Factor H) et ARMS2/HTRA1 multiplient le risque par 3 à 7
  • Antécédents familiaux : un parent atteint double le risque
  • Sexe : les femmes sont légèrement plus touchées, possiblement en raison d'une espérance de vie plus longue
  • Ethnie : prévalence plus élevée chez les personnes à peau claire et yeux clairs

Facteurs modifiables

  • Tabagisme : facteur de risque majeur modifiable, multiplie le risque par 2 à 4 et accélère l'évolution ; l'arrêt du tabac réduit progressivement le risque
  • Exposition aux UV : le port de lunettes de soleil filtrantes (catégorie 3-4) est recommandé dès le jeune âge
  • Alimentation : un régime pauvre en antioxydants, oméga-3, lutéine et zéaxanthine est associé à un risque accru
  • Hypertension artérielle et maladies cardiovasculaires
  • Obésité (IMC > 30) : facteur aggravant documenté

Classification de la DMLA : les stades de la maladie

La DMLA évolue selon un continuum allant de la maculopathie liée à l'âge (MLA) précoce jusqu'aux formes avancées. La classification simplifiée AREDS permet de stratifier le risque.

1

MLA débutante

Présence de drusen de taille moyenne (63-125 µm) sans anomalie pigmentaire. La vision est encore normale. Risque faible de progression vers une forme avancée à 5 ans (~1,3 %).

2

MLA intermédiaire

Drusen de grande taille (> 125 µm) et/ou anomalies pigmentaires de l'épithélium pigmentaire rétinien (EPR). Vision souvent encore conservée, mais risque de progression significatif à 5 ans (~18 %). C'est à ce stade que les compléments AREDS2 sont recommandés.

3

DMLA avancée

Deux formes possibles : atrophie géographique (forme sèche avancée) ou néovascularisation choroïdienne (forme humide). La baisse de vision est significative et peut conduire à une cécité légale (acuité < 1/10). Prise en charge thérapeutique urgente pour la forme humide.

Fond d'œil montrant des drusen dans une DMLA intermédiaire
Fond d'œil montrant des drusen dans une DMLA intermédiaire — Crédit : National Eye Institute (domaine public)

Les deux formes de DMLA avancée

DMLA sèche (atrophique)

85 % des cas

La forme atrophique est caractérisée par une atrophie progressive de l'épithélium pigmentaire rétinien (EPR) et des photorécepteurs sus-jacents, entraînant une baisse d'acuité visuelle accompagnée d'ondulations des lignes droites.

  • Accumulation de drusen (dépôts lipidiques extracellulaires) entre l'EPR et la membrane de Bruch
  • Dysfonctionnement progressif de l'EPR, qui ne peut plus assurer le recyclage des segments externes des photorécepteurs
  • Evolution vers une atrophie géographique : plages de disparition complète de l'EPR et des photorécepteurs, visibles en autofluorescence
  • Baisse de vision lente et progressive sur des mois à des années, avec ondulations des lignes droites
  • Pas de traitement curatif à ce jour, mais de nombreuses recherches sont en cours. Le Pegcetacoplan® (inhibiteur du complément) a montré des résultats prometteurs et est actuellement en attente de remboursement en France. L'avacincaptad pegol fait également l'objet d'études avancées
  • Les compléments alimentaires AREDS2 permettent de fournir les oligo-éléments essentiels (lutéine, zéaxanthine, zinc, vitamines C et E) et ralentissent la progression vers la forme avancée de 25 %
  • Surveillance rapprochée pour détecter un passage en forme humide (10 à 15 % des cas)

DMLA humide (exsudative)

15 % — Traitable

La forme exsudative est la forme la plus brutale de la DMLA. Elle est liée à la formation de néovaisseaux sous la rétine (néovaisseaux choroïdiens) qui traversent la membrane de Bruch et entraînent un dépôt de liquide et des déformations visuelles.

  • Le VEGF (facteur de croissance de l'endothélium vasculaire), sécrété en excès en réponse à l'hypoxie rétinienne, stimule la néoangiogenèse
  • Ces néovaisseaux sont fragiles et laissent fuir du liquide (exsudats), du sang et des lipides sous et dans la rétine, provoquant des déformations et une baisse de vision
  • Symptômes d'installation rapide ou brutale : métamorphopsies (déformation des lignes droites), scotome central, baisse d'acuité visuelle
  • Trois types de NVC : type 1 (sous l'EPR, occulte), type 2 (au-dessus de l'EPR, visible), type 3 (anastomose rétinienne)
  • Le traitement par injections intravitréennes d'anti-VEGF a révolutionné la prise en charge de la DMLA humide, permettant une récupération visuelle très importante lorsque le traitement est initié à temps
  • Quatre médicaments disponibles : LUCENTIS® (ranibizumab), EYLEA® (aflibercept), VABYSMO® (faricimab) et BEOVU® (brolucizumab)
  • Nécessite un traitement rapide : plus la prise en charge est précoce, meilleur est le résultat fonctionnel. Chaque jour compte
  • Suivi rapproché avec protocole « Treat & Extend »

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Comment voit un patient atteint de DMLA ?

La DMLA atteint la vision centrale tandis que la vision périphérique est conservée. Voici une comparaison entre vision normale et vision avec DMLA, accompagnée de coupes schématiques de la macula.

Vision normale vs DMLA avec coupes schématiques de la macula Vision normale vs DMLA : ce que voit le patient Vision normale Image nette, complète et colorée Vision avec DMLA Scotome central : tache sombre ou floue Coupe de la macula saine Fovea NFL Photorécepteurs Zone ellipsoïde EPR Mb. Bruch Choriocapillaire Architecture rétinienne normale et intacte Coupe de la macula avec DMLA humide Drusen Rupture Liquide sous-rétinien Néovaisseaux EPR + Drusen Choriocapillaire Drusen, néovaisseaux et liquide sous-rétinien Drusen / EPR Néovaisseaux Liquide / Exsudats Photorécepteurs Membrane de Bruch
Simulation de la vision avec une DMLA montrant un scotome central
Simulation de la vision avec une DMLA — Crédit : National Eye Institute (domaine public)

Aspect en OCT : normal, drusen, DMLA exsudative

L'OCT (tomographie par cohérence optique) permet de visualiser les couches rétiniennes en coupe. Voici les aspects typiques observés aux différents stades.

Comparaison OCT : macula normale, drusen et DMLA humide Aspect en OCT maculaire OCT Normal NFL ELM EZ EPR Profil fovéolaire normal et régulier OCT avec Drusen Drusen Soulèvement de l'EPR par les drusen OCT DMLA exsudative Kystes intrarétiniens LSR DEP + NVC Fluide intrarétinien, DEP, néovaisseaux LECTURE DE L'OCT : REPÈRES ESSENTIELS NFL = couche des fibres nerveuses | ELM = membrane limitante externe | EZ = zone ellipsoïde (jonction IS/OS) | EPR = épithélium pigmentaire LSR = liquide sous-rétinien | DEP = décollement de l'épithélium pigmentaire | NVC = néovaisseaux choroïdiens

La grille d'Amsler : auto-dépistage à domicile

La grille d'Amsler est un test simple permettant de détecter précocement les métamorphopsies (déformations) et les scotomes (zones aveugles) typiques de la DMLA.

Grille d'Amsler normale et avec déformations typiques de la DMLA Test de la grille d'Amsler Grille normale Toutes les lignes sont droites et régulières Grille pathologique (DMLA) Lignes ondulées + scotome central = ALERTE Mode d'emploi 1. Portez vos lunettes de lecture 2. Placez la grille à 30 cm 3. Cachez un œil avec la main 4. Fixez le point central 5. Vérifiez que toutes les lignes sont droites et nettes 6. Répétez avec l'autre œil Lignes déformées ou zone floue ? Consultez sous 48 heures RECOMMANDATION : TEST HEBDOMADAIRE Les patients atteints de MLA ou de DMLA sèche doivent tester leur vision chaque semaine avec la grille d'Amsler pour détecter rapidement une conversion en forme humide.
Grille d'Amsler déformée telle que perçue par un patient atteint de DMLA
Grille d'Amsler déformée telle que perçue par un patient atteint de DMLA — Crédit : domaine public

Imagerie rétinienne : bilan complet à l'IPO

Le diagnostic et le suivi de la DMLA reposent sur un arsenal d'examens d'imagerie complémentaires, tous disponibles à l'Institut Parisien d'Ophtalmologie.

OCT maculaire

L'OCT (tomographie par cohérence optique) est l'examen clé du suivi de la DMLA. Il réalise des coupes microscopiques de la macula en quelques secondes, permettant de visualiser :

  • La présence de liquide sous-rétinien (LSR) ou intrarétinien (LIR), signes d'activité néovasculaire
  • Les décollements de l'épithélium pigmentaire (DEP)
  • L'épaisseur rétinienne centrale et son évolution
  • Les drusen, leur taille et leur confluence
  • L'atrophie de l'EPR et des couches externes

Examen rapide, indolore, sans contact, sans dilatation, réalisé à chaque visite de suivi. L'OCT guide les décisions thérapeutiques (injection ou extension de l'intervalle).

OCT-Angiographie (OCT-A)

L'OCT-A est une technique récente qui permet de visualiser les vaisseaux rétiniens et choroïdiens sans injection de colorant. Elle détecte le flux sanguin par analyse du mouvement des globules rouges.

  • Mise en évidence des néovaisseaux choroïdiens de manière non invasive
  • Analyse de la densité vasculaire des plexus rétiniens superficiel et profond
  • Visualisation de la choriocapillaire et de ses zones d'atrophie
  • Suivi de la taille et de l'activité des membranes néovasculaires

Examen complémentaire précieux, souvent couplé à l'OCT structurel. Non invasif et rapide.

Angio-OCT montrant un réseau néovasculaire choroïdien dans une DMLA exsudative
Angio-OCT — Néovaisseaux choroïdiens dans une DMLA humide (IPO Paris, Intalight)

Angiographie à la fluorescéine

Examen de référence pour le diagnostic initial de la DMLA humide. Après injection intraveineuse de fluorescéine sodique, des photographies séquentielles du fond d'œil sont réalisées. Il tend à être de moins en moins utilisé à mesure que l'angio-OCT s'améliore.

  • Détection des fuites vasculaires (diffusion tardive du colorant = néovaisseaux actifs)
  • Classification des néovaisseaux : visibles (type 2), occultes (type 1), ou mixtes, anastomose choriorétinienne, polypes témoins d'une vasculopathie polypoïdale
  • Évaluation de l'étendue de la membrane néovasculaire
  • Détection de l'ischémie maculaire associée

Durée : environ 10 minutes. Coloration jaune transitoire de la peau et des urines pendant 24-48 h. Risque allergique très faible.

Autofluorescence du fond d'œil

L'autofluorescence exploite la fluorescence naturelle de la lipofuscine accumulée dans les cellules de l'EPR. Aucune injection n'est nécessaire.

  • Hyperautofluorescence : surcharge en lipofuscine, signe de souffrance cellulaire de l'EPR (zones à risque)
  • Hypoautofluorescence : perte de cellules de l'EPR = atrophie géographique
  • Cartographie précise de l'atrophie et suivi de sa progression au fil du temps
  • Examen essentiel pour le suivi de la DMLA sèche avancée

Examen rapide, non invasif, réalisé sur le même appareil que l'OCT.

Les anti-VEGF : traitements de la DMLA humide

Les anti-VEGF ont révolutionné la prise en charge de la DMLA humide. Ces molécules sont injectées directement dans le vitré de l'œil pour bloquer le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor), facteur clé de la prolifération des néovaisseaux et de la perméabilité vasculaire. Le protocole repose sur une série de 3 injections à 1 mois d'intervalle au début du traitement, suivie d'un bilan à la 3e injection pour évaluer l'efficacité et déterminer le rythme de suivi. Les intervalles sont ensuite progressivement allongés afin de minimiser le nombre d'injections tout en prévenant les récidives.

Ranibizumab (Lucentis)

Fragment d'anticorps monoclonal anti-VEGF-A, premier anti-VEGF approuvé pour la DMLA (2006). Etudes pivots MARINA et ANCHOR.

  • Demi-vie intravitréenne : environ 9 jours
  • Protocole : 3 injections mensuelles d'induction, puis Treat & Extend ou PRN
  • Intervalle habituel : 4 à 12 semaines
  • Profil de sécurité bien établi avec plus de 15 ans de recul

Aflibercept (Eylea)

Protéine de fusion recombinante (VEGF-Trap) qui se lié au VEGF-A, VEGF-B et PlGF. Affinité de liaison supérieure au ranibizumab. Etudes VIEW-1 et VIEW-2.

  • Demi-vie intravitréenne : environ 11,5 jours (durée d'action plus longue)
  • Protocole : 3 injections mensuelles, puis injection toutes les 8 semaines ou Treat & Extend
  • Aflibercept 8 mg (Eylea HD) : nouvelle formulation haute dose permettant des intervalles jusqu'à 16 semaines
  • Molécule très utilisée en première intention en France

Faricimab (Vabysmo)

Premier anticorps bispécifique approuvé en ophtalmologie. Il cible simultanément le VEGF-A et l'angiopoïétine-2 (Ang-2), impliquée dans l'instabilité vasculaire et l'inflammation. Etudes TENAYA et LUCERNE.

  • Double mécanisme d'action : anti-VEGF + stabilisation vasculaire via la voie Ang-2/Tie-2
  • Protocole : 4 injections mensuelles d'induction, puis intervalles de 8 à 16 semaines
  • Jusqu'à 80 % des patients atteignent des intervalles de 12 à 16 semaines
  • Option thérapeutique prometteuse pour réduire la charge de traitement

Brolucizumab (Beovu)

Fragment d'anticorps à chaîne unique (scFv) anti-VEGF-A de très petit poids moléculaire, permettant une concentration molaire élevée dans un petit volume. Etudes HAWK et HARRIER.

  • Pénétration tissulaire importante et durée d'action prolongée
  • Protocole : 3 injections mensuelles, puis intervalles de 8 à 12 semaines
  • Efficacité sur l'assèchement rétinien (réduction du fluide supérieure dans certaines études)
  • Surveillance renforcée : risque rare mais identifié de vascularite rétinienne ; réservé aux cas sélectionnés

Déroulement d'une injection intravitréenne (IVT)

L'injection intravitréenne est un geste rapide et codifié, réalisé en conditions d'asepsie stricte dans une salle dédiée à l'IPO Paris.

1

Préparation et anesthésie

Le patient est installé confortablement en position semi-assise. L'œil est anesthésié par instillation de collyre anesthésiant (oxybuprocaïne). Un champ opératoire stérile est mis en place et le pourtour de l'œil est désinfecté à la povidone iodée (Bétadine ophtalmique 5 %). Un blépharostat maintient les paupières ouvertes.

2

Injection

Le praticien injecté une micro-dose de médicament (0,05 mL) directement dans la cavité vitréenne, à travers la pars plana (3,5 à 4 mm du limbe), à l'aide d'une aiguille très fine (30 gauge). Le geste dure quelques secondes. La sensation est minime grâce à l'anesthésie.

3

Suites immédiates

Après l'injection : instillation d'un collyre antibiotique, vérification de la perception lumineuse. Une gêne légère, un larmoiement ou un œil rouge sont possibles dans les heures suivantes, sans gravité. Le patient repart après quelques minutes de surveillance. Collyre antibiotique pendant 3 jours.

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Protocole Treat & Extend

Le traitement débute par une série de 3 injections à 1 mois d'intervalle. Un bilan complet est réalisé à la 3e injection pour évaluer l'efficacité du traitement et déterminer le rythme optimal de suivi. Les intervalles entre les injections sont ensuite progressivement allongés de 2 semaines tant que la macula reste sèche à l'OCT. En cas de récidive, l'intervalle est raccourci. Objectif : minimiser le nombre d'injections tout en prévenant les récidives. Certains patients atteignent des intervalles de 12 à 16 semaines.

Compléments alimentaires AREDS2

L'étude AREDS2 (Age-Related Eye Disease Study 2) a démontré qu'une supplémentation spécifique réduit de 25 % le risque de progression vers une DMLA avancée chez les patients atteints de MLA intermédiaire ou de DMLA avancée unilatérale.

Formule AREDS2 recommandée

  • Lutéine : 10 mg/jour (pigment maculaire, filtre la lumière bleue nocive)
  • Zéaxanthine : 2 mg/jour (pigment maculaire, antioxydant)
  • Vitamine C : 500 mg/jour
  • Vitamine E : 400 UI/jour
  • Zinc : 80 mg/jour (sous forme d'oxyde de zinc)
  • Cuivre : 2 mg/jour (pour prévenir la carence en cuivre induite par le zinc)

La lutéine et la zéaxanthine ont remplacé le bêta-carotène de la formule originale AREDS, contre-indiqué chez les fumeurs (risque de cancer du poumon).

A qui sont-ils recommandés ?

  • MLA intermédiaire bilatérale (drusen de grande taille)
  • DMLA avancée unilatérale : protection de l'œil controlatéral
  • Non indiqués au stade précoce (petits drusen isolés) ni en prévention primaire

La supplémentation ne remplace pas un régime alimentaire riche en antioxydants : légumes verts à feuilles (épinards, chou frisé), poissons gras (saumon, maquereau), fruits colorés. L'arrêt du tabac reste la mesure préventive la plus importante.

Des spécialités pharmaceutiques disponibles en pharmacie respectent la formule AREDS2 (Nutrof Total, PreserVision, Macula-Z, etc.). Votre ophtalmologiste vous conseillera la formulation adaptée.

Signes d'alerte de la DMLA humide : consultez en urgence sous 48 h

  • Déformation des lignes droites (métamorphopsies) : les lignes d'un cadre de porte, d'un carrelage ou d'un texte apparaissent ondulées
  • Tache sombre ou floue au centre de la vision (scotome central) apparue brutalement
  • Baisse de vision soudaine d'un œil, même partielle
  • Difficulté nouvelle à lire ou à reconnaître les visages
  • Modification de la perception des couleurs ou de la taille des objets (micropsie)

Ces symptômes peuvent signer le passage d'une forme sèche à une forme humide, ou une poussée de néovaisseaux. Chaque jour compte : un traitement débuté rapidement préserve davantage de vision. Contactez l'IPO au 01 43 27 10 69 pour un rendez-vous en urgence.

Vivre avec une DMLA : aides visuelles et rééducation

Même avec un traitement optimal, la DMLA peut laisser des séquelles visuelles. Des solutions existent pour maintenir l'autonomie et la qualité de vie.

Aides visuelles optiques et électroniques

  • Loupes à main et loupes éclairantes : pour la lecture de courriers, étiquettes, notices
  • Systèmes microscopiques : verres à forte addition montés sur lunettes pour la lecture prolongée
  • Télé-agrandisseurs (vidéo-loupes) : caméra reliée à un écran, grossissement ajustable, contraste renforcé
  • Tablettes et smartphones : fonctions d'accessibilité (zoom, contraste, synthèse vocale)
  • Filtres colorés : verres teintés jaunes ou orangés pour améliorer le contraste et réduire l'éblouissement
  • Eclairage adapté : lampes de bureau à LED haute intensité, positionnées correctement

Rééducation en basse vision

La rééducation orthoptique basse vision est un volet essentiel de la prise en charge. Elle est assurée par un orthoptiste spécialisé et vise à :

  • Développer une fixation excentrique : apprendre à utiliser une zone rétinienne périphérique saine (PRL - Preferred Retinal Locus) pour compenser le scotome central
  • Optimiser l'utilisation des aides visuelles : apprentissage du maniement de la loupe, du télé-agrandisseur
  • Stratégies de lecture : balayage visuel, repérage de ligne, adaptation de la taille des caractères
  • Gestion des activités quotidiennes : cuisine, courses, gestion des médicaments, utilisation du téléphone

L'IPO peut vous orienter vers des centres de rééducation basse vision et des associations spécialisées (Retina France, Association Valentin Haüy).

Questions fréquentes sur la DMLA

La DMLA rend-elle complètement aveugle ?

Non. La DMLA atteint la vision centrale (lecture, reconnaissance des visages, conduite), mais la vision périphérique est préservée. Même aux stades avancés, les patients conservent la capacité de se déplacer, de s'orienter et de percevoir leur environnement. Le terme de « cécité légale » (acuité < 1/10) ne signifie pas une absence totale de vision.

Les injections intravitréennes sont-elles douloureuses ?

L'injection est réalisée sous anesthésie locale par collyre. La grande majorité des patients décrit une sensation de pression brève, mais pas de douleur véritable. Le geste ne dure que quelques secondes. Une gêne légère (sensation de grain de sable, œil rouge) est possible dans les heures qui suivent, résolutive spontanément.

Combien de temps dure le traitement par anti-VEGF ?

Le traitement de la DMLA humide est un traitement au long cours. Après la phase d'induction (3 à 4 injections mensuelles), le protocole Treat & Extend permet d'espacer progressivement les injections. Certains patients peuvent interrompre le traitement après plusieurs années de stabilité, mais une surveillance régulière reste nécessaire en raison du risque de récidive. En moyenne, les patients reçoivent 7 à 8 injections la première année, puis le nombre diminue progressivement.

Peut-on prévenir la DMLA ?

Il n'existe pas de prévention absolue, mais certaines mesures réduisent significativement le risque : ne pas fumer (facteur modifiable le plus important), adopter une alimentation riche en antioxydants, oméga-3, lutéine et zéaxanthine (légumes verts, poissons gras), porter des lunettes de soleil filtrantes UV, contrôler la tension artérielle et le poids, et consulter régulièrement un ophtalmologiste après 50 ans.

Ma DMLA sèche peut-elle devenir humide ?

Oui. Environ 10 à 15 % des DMLA sèches se convertissent en forme humide au cours de l'évolution. C'est la raison pour laquelle une surveillance régulière (examen du fond d'œil, OCT) et un auto-dépistage hebdomadaire avec la grille d'Amsler sont essentiels. Toute déformation nouvelle des lignes droites ou apparition d'une tache centrale doit faire consulter en urgence sous 48 heures.

Puis-je continuer à conduire avec une DMLA ?

La conduite dépend de l'acuité visuelle binoculaire. La réglementation française exige une acuité binoculaire d'au moins 5/10 pour le permis B. Si la DMLA ne touche qu'un œil et que l'autre œil à une bonne acuité, la conduite reste généralement possible. En cas de DMLA bilatérale avancée, un avis ophtalmologique et éventuellement un test auprès d'un médecin agréé sont nécessaires. Votre ophtalmologiste vous conseillera.

Quels sont les risques des injections intravitréennes ?

Les IVT sont des gestes très sûrs, pratiqués des millions de fois dans le monde chaque année. Le risque principal est l'endophtalmie (infection intraoculaire), extrêmement rare (< 0,05 % par injection) grâce aux protocoles d'asepsie stricts. Les autres effets indésirables possibles sont : hémorragie sous-conjonctivale bénigne (œil rouge), augmentation transitoire de la pression intraoculaire, et très rarement des déchirures rétiniennes. Le bénéfice du traitement dépasse très largement les risques.

Les compléments AREDS2 sont-ils remboursés ?

Les compléments alimentaires AREDS2 ne sont pas remboursés par l'Assurance Maladie en France, car ils sont classés comme compléments alimentaires et non comme médicaments. Leur coût mensuel varie entre 15 et 30 euros selon les marques. Certaines mutuelles proposent un forfait « médecines douces » ou « optique » qui peut couvrir partiellement cette dépense. Votre ophtalmologiste vous orientera vers les formulations respectant la composition AREDS2 validée.

La prise en charge de la DMLA à l'IPO Paris

L'Institut Parisien d'Ophtalmologie dispose d'une équipe de spécialistes dédiée à la prise en charge de la DMLA, avec un objectif : offrir un diagnostic rapide et un traitement optimal pour préserver votre vision.

Suivi optimisé par intelligence artificielle

L'IPO utilise la plateforme RETINA WORKPLACE, un outil d'intelligence artificielle qui analyse les images rétiniennes. Ce système permet de :

  • Analyser automatiquement les OCT pour détecter la présence de liquide sous-rétinien ou intrarétinien avec une grande précision
  • Quantifier objectivement l'évolution de la maladie entre chaque visite
  • Optimiser les décisions thérapeutiques : déterminer le moment idéal pour la prochaine injection ou l'allongement de l'intervalle
  • Garantir un suivi personnalisé et reproductible, assisté par l'intelligence artificielle, pour chaque patient

Une équipe dédiée et une prise en charge rapide

L'IPO met à votre disposition une équipe de spécialistes de la rétine médicale spécifiquement formés à la prise en charge de la DMLA :

  • Prise en charge dans la journée pour les urgences maculaires (suspicion de conversion en forme humide, baisse brutale de vision)
  • Bilan complet lors de chaque visite : acuité visuelle, OCT maculaire, fond d'œil, avec résultats immédiats
  • Injection le jour même si nécessaire, en salle d'IVT dédiée aux conditions d'asepsie strictes
  • Coordination entre ophtalmologistes, orthoptistes et personnel soignant
  • Accompagnement et orientation vers les structures de rééducation basse vision si nécessaire

Préservez votre vision centrale

L'IPO réalise le diagnostic et le suivi de la DMLA sur place : OCT, OCT-angiographie, angiographie à la fluorescéine, autofluorescence, salle d'IVT dédiée, analyse par IA (RETINA WORKPLACE). Les urgences maculaires sont prises en charge dans la journée.

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