Injection Intravitréenne (IVT)

Déroulement, consignes et suivi — ce qu'il faut savoir avant et après votre injection

Qu'est-ce qu'une injection intravitréenne ?

L'injection intravitréenne (IVT) consiste à injecter un médicament directement dans le vitré, le gel transparent qui remplit l'intérieur de l'œil. Cela permet d'atteindre la rétine avec une concentration élevée de principe actif, tout en limitant les effets secondaires dans le reste du corps.

Le geste dure quelques secondes. Il est réalisé au cabinet, sous anesthésie locale par collyre. L'aiguille utilisée est extrêmement fine (30 gauges, soit 0,3 mm de diamètre). L'injection n'est pas douloureuse — on ressent tout au plus une pression brève.

Dans quels cas prescrit-on une IVT ?

L'IVT est le traitement de référence de plusieurs maladies rétiniennes. Les indications les plus fréquentes :

Anti-VEGF

  • DMLA exsudative (forme humide) — néovaisseaux sous la macula
  • Œdème maculaire diabétique
  • Occlusion veineuse rétinienne (OVCR, OBVR)
  • Néovaisseaux du myope fort

Médicaments utilisés : aflibercept (Eylea), ranibizumab (Lucentis), faricimab (Vabysmo), brolucizumab (Beovu).

Corticoïdes

  • Œdème maculaire post-chirurgical ou uvéitique
  • Uvéite postérieure
  • Œdème maculaire diabétique résistant aux anti-VEGF

Médicaments utilisés : implant de dexaméthasone (Ozurdex), acétonide de fluocinolone (Iluvien).

Avant l'injection : ce qu'il faut préparer

À faire

  • Douche et shampooing la veille ou le matin
  • Visage propre, lavé à l'eau et au savon avant de venir
  • Venir accompagné si possible (la vue peut être floue après)
  • Prenez vos médicaments habituels normalement (y compris les anticoagulants — pas d'arrêt nécessaire)
  • Apportez votre ordonnance de collyres si vous en avez une

À éviter

  • Pas de maquillage sur les yeux ni le visage le jour de l'injection
  • Pas de lentilles de contact la semaine précédant l'injection
  • Pas besoin d'être à jeun — mangez normalement
  • Pas d'hospitalisation — l'IVT se fait en ambulatoire au cabinet

Le déroulement de l'injection

L'ensemble du geste prend environ 15 minutes (préparation comprise). L'injection elle-même ne dure que quelques secondes.

1

Installation

Vous êtes installé en position allongée ou semi-assise dans une salle dédiée aux injections, dans des conditions d'asepsie strictes.

2

Anesthésie locale

Des gouttes de collyre anesthésiant sont instillées dans l'œil. L'anesthésie agit en 1 à 2 minutes. Vous ne sentirez pas de douleur.

3

Désinfection

Les paupières et la surface de l'œil sont nettoyées avec de la Bétadine ophtalmique (povidone iodée).

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Injection

L'aiguille est introduite à travers la sclère (le blanc de l'œil), à 3,5-4 mm du limbe, dans une zone sûre appelée la pars plana. Le médicament est injecté en quelques secondes. Vous pouvez ressentir une brève pression.

5

Vérification

Le médecin vérifie que tout va bien (pression oculaire, perception lumineuse). Vous pouvez quitter le cabinet environ 30 minutes après l'injection.

Après l'injection : consignes à suivre

Ce qui est normal

  • Sensation de grains de sable ou picotements pendant quelques heures — c'est l'effet de la Bétadine, pas de l'injection elle-même
  • Œil rouge au point d'injection (hémorragie sous-conjonctivale) — se résorbe en quelques jours, sans gravité
  • Taches ou filaments dans le champ visuel — ce sont des bulles d'air ou le médicament visible dans le vitré, qui disparaissent en quelques heures à quelques jours
  • Vision un peu floue transitoirement

Ce que vous pouvez faire

  • Rincer l'œil au Dacryosérum matin et soir (2 fois dans la journée)
  • Instiller des larmes artificielles plusieurs fois par jour pour le confort
  • Lire, regarder la télévision, utiliser un écran
  • Sortir, se promener

Ce qu'il faut éviter (48 à 72 h)

  • Ne pas frotter l'œil
  • Pas d'eau dans l'œil (douche visage, piscine, mer) pendant 48 h
  • Pas de maquillage autour des yeux pendant 48 h
  • Éviter la poussière : jardinage, bricolage, ménage intensif
  • Pas de port de charges lourdes pendant 24 h

Signes d'alerte : quand consulter en urgence

Consultez immédiatement si, dans les jours qui suivent l'injection, vous constatez :

  • Douleur oculaire importante qui augmente (et non pas simplement une gêne passagère)
  • Baisse brutale de la vision
  • Rougeur croissante de l'œil
  • Sensibilité à la lumière (photophobie) inhabituelle

Ces signes peuvent évoquer une endophtalmie (infection intraoculaire). C'est une complication exceptionnelle (environ 1 cas sur 2 000 injections) mais qui nécessite un traitement en urgence.

Contactez votre ophtalmologiste ou les urgences ophtalmologiques sans attendre.

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Risques et complications

L'IVT est un geste courant et sûr. Des centaines de milliers d'injections sont réalisées chaque année en France. Comme tout acte médical, il comporte des risques, mais ceux-ci restent rares.

Fréquent, sans gravité

  • Hémorragie sous-conjonctivale : tache rouge sur le blanc de l'œil au point d'injection. Se résorbe spontanément en quelques jours.
  • Corps flottants transitoires : petites taches ou filaments dans le champ visuel. Disparaissent en quelques heures.
  • Irritation oculaire : sensation de brûlure due à la Bétadine. Disparaît en quelques heures.

Rare

  • Endophtalmie (~0,05 %) : infection intraoculaire, prise en charge en urgence
  • Hypertonie oculaire : élévation de la pression dans l'œil, transitoire ou nécessitant un traitement
  • Décollement de rétine : exceptionnel
  • Cataracte traumatique : si le cristallin est touché (très rare)
  • Hémorragie intravitréenne

Rythme des injections et suivi

L'IVT n'est pas un traitement ponctuel : elle nécessite en général plusieurs injections, espacées de 4 à 16 semaines selon la maladie, le médicament utilisé et votre réponse au traitement.

En pratique, le schéma courant est le suivant :

1

Phase d'attaque

3 injections mensuelles consécutives pour obtenir un effet rapide sur la maladie.

2

Phase d'entretien (Treat & Extend)

L'intervalle entre les injections est progressivement allongé tant que la maladie reste stable. Si elle récidive, on raccourcit l'intervalle. L'objectif est de trouver votre rythme optimal — le plus espacé possible tout en gardant la maladie sous contrôle.

3

Contrôle régulier

À chaque visite de contrôle : mesure de l'acuité visuelle, OCT maculaire et rétinophotographie. L'ensemble de ces examens permet d'évaluer la réponse au traitement et de décider de la suite : réinjection, espacement ou surveillance.

Le traitement est souvent prolongé — parfois plusieurs années. La régularité du suivi est essentielle pour préserver votre vision. Un rendez-vous manqué ou un traitement interrompu peut entraîner une rechute difficile à rattraper.

Questions fréquentes

Est-ce que l'injection fait mal ?

Non, grâce au collyre anesthésiant, l'injection est indolore ou quasi indolore. Vous pouvez ressentir une brève pression au moment de l'injection. La gêne ressentie après (picotements, sensation de grain de sable) est liée à la Bétadine utilisée pour désinfecter, pas à l'injection.

Combien de temps dure l'injection ?

L'injection elle-même dure quelques secondes. En comptant la préparation (anesthésie, désinfection) et la vérification, prévoyez environ 15 à 20 minutes au cabinet. Vous pouvez repartir 30 minutes après.

Faut-il être à jeun ?

Non, il n'est pas nécessaire d'être à jeun. L'IVT est réalisée sous anesthésie locale par collyre — pas d'anesthésie générale.

Puis-je conduire après l'injection ?

C'est déconseillé. La vision peut être floue pendant quelques heures. Prévoyez d'être accompagné ou d'utiliser les transports en commun.

Faut-il arrêter les anticoagulants ?

Non. Il n'est pas nécessaire d'arrêter les anticoagulants ou les antiagrégants plaquettaires avant une IVT. Le risque d'hémorragie est minime et ne justifie pas les risques liés à l'arrêt de ces traitements.

L'IVT est-elle remboursée ?

Oui. L'injection intravitréenne et les médicaments anti-VEGF sont pris en charge par la Sécurité sociale. Selon votre couverture, le reste à charge peut varier — votre mutuelle complète généralement la différence.

Combien de temps entre deux injections ?

L'intervalle varie de 4 à 16 semaines selon le médicament, la maladie et votre réponse. Avec le protocole Treat & Extend, on cherche à espacer au maximum les injections tout en maintenant l'efficacité.

Prendre rendez-vous

Pour une injection intravitréenne ou un suivi rétinien, prenez rendez-vous avec l'un de nos ophtalmologistes spécialistes de la rétine.

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