La myopie est en augmentation constante chez les enfants et adolescents en Europe. On estime que 50 % de la population mondiale sera myope d'ici 2050, dont 10 % de myopes forts (au-delà de −6 dioptries). Or, une myopie forte augmente considérablement le risque de complications graves à l'âge adulte : décollement de rétine, glaucome, maculopathie myopique, cataracte précoce. L'enjeu n'est donc pas simplement de corriger la myopie, mais de freiner sa progression pendant l'enfance.
Pourquoi agir tôt ?
La myopie débute généralement entre 6 et 12 ans et progresse jusqu'à l'âge adulte (18–25 ans). Plus elle apparaît tôt, plus le risque de myopie forte est élevé. Chaque dioptrie de moins à l'âge adulte réduit significativement le risque de complications rétiniennes. La fenêtre thérapeutique optimale se situe donc entre 6 et 16 ans, période pendant laquelle les traitements freinateurs sont les plus efficaces.
Les stratégies de freination validées
1. L'orthéokératologie (lentilles de nuit)
L'orthéokératologie (ou ortho-K) consiste à porter des lentilles rigides spécialement conçues pendant la nuit. Elles remodellent temporairement la courbure de la cornée durant le sommeil, permettant à l'enfant de voir nettement pendant la journée sans correction. Au-delà du confort, l'ortho-K crée un profil optique périphérique qui freine l'allongement du globe oculaire.
Les études cliniques montrent une réduction de la progression de la myopie de 40 à 60 % en moyenne. Cette option est particulièrement appréciée des enfants sportifs, car elle élimine le besoin de lunettes ou de lentilles pendant la journée. L'adaptation est réalisée par un contactologue expérimenté avec un suivi régulier de la topographie cornéenne. À l'IPO Paris, Victor Pouillot, contactologue spécialisé, assure l'adaptation et le suivi de ces lentilles.
2. L'atropine faiblement dosée
L'instillation quotidienne d'un collyre d'atropine à très faible concentration (0,01 % à 0,05 %) constitue une approche pharmacologique de la freination. L'atropine agit sur les récepteurs muscariniques de la sclère, freinant l'élongation axiale du globe. À ces concentrations, les effets secondaires (photophobie, difficulté d'accommodation) sont minimes, contrairement à l'atropine forte utilisée historiquement.
L'efficacité varie selon la concentration : l'atropine à 0,05 % offre un ralentissement de 50 à 60 % de la progression, tandis que l'atropine à 0,01 % montre une efficacité plus modérée (20–30 %) avec un effet rebond limité à l'arrêt. Le traitement est généralement poursuivi pendant 2 à 3 ans, avec un suivi régulier de la réfraction et de la longueur axiale par biométrie optique.
3. Les lentilles à défocalisation périphérique
Des lentilles souples journalières conçues spécifiquement pour la freination de la myopie (type MiSight, ou lentilles à défocalisation myopique) corrigent la vision centrale tout en créant un défocus myopique en périphérie rétinienne. Ce signal optique ralentit la croissance axiale de l'œil. Les études montrent une réduction de la progression d'environ 50 %.
Des verres de lunettes à défocalisation (comme les verres Stellest ou HALT) utilisent un principe similaire avec des micro-lentilles intégrées dans le verre, offrant une alternative pour les enfants qui ne tolèrent pas les lentilles de contact.
Quelle stratégie choisir ?
Le choix dépend de plusieurs facteurs : âge de l'enfant, degré de myopie, vitesse de progression, mode de vie et préférences familiales. Une combinaison de traitements (par exemple, atropine + ortho-K) peut être envisagée dans les cas de progression rapide. Le bilan initial comprend la mesure de la réfraction sous cycloplégie, la biométrie optique (longueur axiale) et la topographie cornéenne.
Pour en savoir plus sur les risques liés à la myopie et la prise en charge à l'IPO Paris, consultez nos pages sur la myopie forte et les lentilles de contact.
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