La prévalence mondiale de la sécheresse oculaire est estimée entre 5 % et 50 % selon les définitions retenues, avec une moyenne autour de 10-15 % de la population adulte. En France, on estime que près de 8 millions de personnes en souffrent à des degrés divers.
Plusieurs facteurs expliquent l'augmentation rapide de sa fréquence : vieillissement de la population, exposition prolongée aux écrans (télétravail, smartphones), pollution urbaine, ménopause, port croissant de lentilles de contact, et chirurgies réfractives au laser. Les femmes après 50 ans sont particulièrement concernées, en raison des modifications hormonales péri-ménopausiques qui altèrent les glandes lacrymales et de Meibomius.
Malgré sa fréquence, la sécheresse oculaire reste largement sous-diagnostiquée : de nombreux patients minimisent leurs symptômes ou les attribuent à une fatigue passagère, alors qu'un traitement précoce améliore considérablement le pronostic à long terme.