DMLA sèche : existe-t-il un traitement en 2026 ?

Ce qui aide aujourd'hui, ce qui reste expérimental et ce qui impose de consulter rapidement

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Simulation de la vision centrale altérée par une DMLA sèche avancée
Dans l'atrophie géographique, une zone centrale peut perdre progressivement du contraste et des détails tandis que la vision périphérique persiste. Image de synthèse à visée pédagogique, et non la vision exacte d'un patient.

« On m'a diagnostiqué une DMLA sèche : peut-on la traiter ? » La réponse dépend d'abord du stade. Une maculopathie liée à l'âge avec des drusen n'est pas la même situation qu'une atrophie géographique avancée. Dans les deux cas, une surveillance utile existe ; en revanche, aucun traitement disponible en France ne régénère aujourd'hui les cellules de la macula détruites.

Les annonces sur de nouvelles injections peuvent prêter à confusion. Deux inhibiteurs du complément ont ralenti l'extension de l'atrophie dans des essais. Leur bénéfice est anatomique, sans récupération de la vision perdue, et leur situation réglementaire est différente en Europe. Cet article distingue ce qui est recommandé, ce qui est disponible et ce qui reste à l'étude.

En bref

  • La DMLA sèche ne se traite pas avec les injections anti-VEGF utilisées pour la forme humide.
  • La formule AREDS2 peut réduire le risque d'aggravation chez certains patients à risque ; elle ne répare pas une atrophie constituée.
  • Le pegcetacoplan et l'avacincaptad pegol ralentissent modestement la croissance de l'atrophie, sans restaurer la vision ; ils ne sont pas autorisés dans l'Union européenne pour cette indication au 8 octobre 2026.
  • Une déformation nouvelle, une tache centrale récente ou une baisse rapide peuvent signaler une forme humide et nécessitent un avis rapide.

Qu'appelle-t-on exactement DMLA sèche ?

La DMLA sèche regroupe plusieurs stades. Au début, l'ophtalmologiste observe surtout des drusen, petits dépôts sous la rétine, et parfois des modifications pigmentaires. La vision peut rester bonne pendant des années. Lorsque disparaissent progressivement l'épithélium pigmentaire et les photorécepteurs, on parle d'atrophie géographique, forme avancée qui crée des zones de vision centrale manquante.

Cette évolution n'est ni identique ni prévisible chez tous les patients. L'examen complet de la DMLA à l'IPO associe fond d'œil, photographie et OCT, une imagerie en coupe de la macula. L'autofluorescence aide à mesurer les plages d'atrophie. L'objectif est de préciser le stade, le risque d'évolution et la présence éventuelle d'une complication humide.

Fond d'œil montrant des drusen dans une DMLA intermédiaire
Les drusen sont des dépôts visibles au fond d'œil. Leur taille et leur association à des anomalies pigmentaires participent à l'évaluation du risque. Crédit : National Eye Institute, domaine public.

Peut-on guérir une DMLA sèche ou récupérer la vision ?

Non, il n'existe pas actuellement de traitement capable de faire repousser les cellules rétiniennes perdues. L'Assurance Maladie indique encore en septembre 2025 qu'aucun traitement ne permet de traiter la DMLA sèche.1 Cela ne signifie pas qu'il n'y a rien à faire : le suivi, la prévention des facteurs modifiables, la supplémentation lorsqu'elle est indiquée et la réadaptation visuelle ont chacun un objectif concret.

Il faut distinguer ralentir un risque, ralentir l'extension d'une lésion et améliorer la vision. Une formule nutritionnelle peut diminuer la probabilité d'atteindre un stade avancé chez certains patients. Un médicament peut réduire la vitesse moyenne d'agrandissement d'une atrophie. Aucun de ces effets ne signifie que la zone déjà atrophiée redevient fonctionnelle.

~25 %
de réduction du risque de DMLA avancée à 5 ans avec la formule AREDS chez des patients à haut risque, pas dans toutes les DMLA.2, 3
16–21 %
de ralentissement de la croissance de l'atrophie à 12 mois dans OAKS avec le pegcetacoplan ; le critère n'était pas significatif dans DERBY.4
14 %
de différence de croissance à 12 mois avec l'avacincaptad pegol dans GATHER2.5

Les compléments AREDS2 sont-ils un traitement ?

AREDS2 est une stratégie de réduction du risque pour des stades précis, pas un traitement universel de la DMLA sèche. La formule associe notamment lutéine, zéaxanthine, vitamines C et E, zinc et cuivre. Elle est surtout discutée en cas de DMLA intermédiaire dans un ou deux yeux, ou de DMLA avancée dans un œil afin de protéger l'autre. Elle n'a pas montré d'intérêt pour prévenir une DMLA chez une personne sans maladie ni pour faire disparaître une atrophie.

Le suivi à dix ans d'AREDS2 a confirmé que remplacer le bêta-carotène par la lutéine et la zéaxanthine évitait le sur-risque de cancer du poumon observé avec le bêta-carotène, tout en conservant un bénéfice sur la progression.3 Les doses étant bien supérieures à celles d'une multivitamine courante, il faut les choisir avec l'ophtalmologiste et signaler les autres traitements au médecin. Les oméga-3 ajoutés à la formule n'ont pas apporté de bénéfice supplémentaire dans AREDS2.

Le bon réflexe : demandez quel est votre stade AREDS dans chaque œil. La réponse « faut-il prendre AREDS2 ? » dépend de ce stade, pas du seul mot « drusen » sur un compte rendu.

Existe-t-il de nouvelles injections pour l'atrophie géographique ?

Deux médicaments ciblant le système du complément ont montré un ralentissement de l'atrophie, mais ils ne sont pas autorisés pour cette indication dans l'Union européenne au 8 octobre 2026. Le pegcetacoplan bloque la protéine C3 ; l'avacincaptad pegol bloque C5. Tous deux sont administrés par injection intravitréenne répétée.

Dans les essais OAKS et DERBY, le pegcetacoplan a ralenti la croissance de la lésion dans OAKS à 12 mois, mais pas de façon statistiquement significative dans DERBY à ce même terme.4 Dans GATHER2, l'avacincaptad pegol a réduit de 14 % la vitesse moyenne de croissance de l'atrophie à 12 mois.5 Les résultats à deux ans publiés en 2026 confirment un ralentissement anatomique, avec 14 % pour le schéma mensuel et 19 % pour le schéma un mois sur deux par rapport au groupe témoin ; ces deux schémas de deuxième année ne doivent pas être interprétés comme une comparaison directe entre eux.6

Ces essais ne montrent pas une récupération de la vision perdue. Ils exposent aussi aux risques des injections et à un risque accru de néovascularisation, c'est-à-dire de transformation exsudative. L'Agence européenne des médicaments a refusé l'autorisation du pegcetacoplan en décembre 2024, estimant que le ralentissement anatomique n'avait pas démontré un bénéfice fonctionnel suffisamment pertinent au regard des risques.7 La demande européenne de l'avacincaptad pegol avait été retirée en octobre 2024 alors que des préoccupations similaires subsistaient.8

OptionCe qu'elle peut faireCe qu'elle ne fait pas
AREDS2Réduire le risque de progression chez certains stades intermédiaires ou asymétriquesFaire disparaître les drusen ou réparer l'atrophie
Inhibiteurs du complémentRalentir modestement l'agrandissement moyen de l'atrophie dans les essaisRestaurer la vision ou constituer un traitement courant en France au 8 octobre 2026
Anti-VEGFTraiter les néovaisseaux de la DMLA humideTraiter la DMLA sèche sans néovaisseaux
Réadaptation visuelleAméliorer l'autonomie, la lecture et l'usage de la vision restanteModifier la lésion de la rétine

Que peut-on faire aujourd'hui pour ralentir ou mieux vivre avec la DMLA ?

La prise en charge utile combine le suivi du stade, la réduction des facteurs de risque et l'adaptation à la vision disponible. L'arrêt du tabac est la mesure modifiable la plus importante. Une alimentation variée de type méditerranéen, riche en légumes verts et en poissons, s'inscrit dans la prévention cardiovasculaire globale ; elle ne remplace ni AREDS2 lorsqu'il est indiqué, ni le suivi ophtalmologique.2

Le rythme des contrôles est personnalisé selon les drusen, les anomalies pigmentaires, l'atrophie, l'autre œil et les symptômes. L'OCT documente la structure de la macula ; la photographie et l'autofluorescence suivent l'extension d'une atrophie. Entre les rendez-vous, la grille d'Amsler en ligne peut être regardée œil par œil, avec la correction de près habituelle. Elle ne remplace pas l'examen.

Lorsque la lecture, la reconnaissance des visages ou les activités quotidiennes deviennent difficiles, la réadaptation basse vision n'est pas un aveu d'échec. Un bilan orthoptique, un éclairage adapté, des aides grossissantes et les fonctions d'accessibilité des téléphones peuvent préserver l'autonomie. La HAS recommande une prise en charge pluridisciplinaire dans les formes atrophiques avec déficience visuelle.2

Grille d'Amsler déformée pouvant alerter dans une DMLA
Une ondulation ou une zone manquante nouvelle sur la grille d'Amsler peut traduire une modification maculaire. Testez chaque œil séparément et consultez rapidement en cas de changement. Utiliser notre grille d'Amsler en ligne.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Une baisse rapide ou une déformation nouvelle n'est pas l'évolution lente attendue d'une DMLA sèche et doit faire rechercher une complication humide. Des néovaisseaux peuvent apparaître dans un œil jusque-là suivi pour une forme sèche. L'OCT et, si nécessaire, l'angio-OCT ou l'angiographie permettent de confirmer la présence de liquide ou de vaisseaux anormaux.

  • Lignes droites soudainement ondulées ou lettres qui se déforment.
  • Nouvelle tache au centre, zone grise ou morceau d'image manquant.
  • Baisse de vision en quelques jours ou différence nouvelle entre les deux yeux.
  • Doute sur un changement récent : contactez l'ophtalmologiste sans attendre le prochain contrôle programmé.

La page urgences ophtalmologiques précise les possibilités d'orientation. Les anti-VEGF sont efficaces sur la forme humide lorsqu'elle est diagnostiquée et traitée rapidement ; ils ne doivent pas être confondus avec les inhibiteurs du complément étudiés dans l'atrophie.

En résumé

Vous avez une DMLA sèche ou des drusen ?

À l'IPO, l'examen de la macula, l'OCT et l'imagerie rétinienne précisent le stade dans chaque œil. Nous discutons l'indication d'AREDS2, le rythme de surveillance, les signes à contrôler et les solutions de basse vision si nécessaire.

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Cet article fournit une information générale à la date du 8 octobre 2026. Il ne remplace pas l'examen de votre rétine, une prescription personnalisée ni une évaluation urgente en cas de changement visuel.

Sources principales :

  1. Assurance Maladie, Comprendre la dégénérescence maculaire liée à l'âge, mise à jour le 12 septembre 2025.
  2. Haute Autorité de santé, Dégénérescence maculaire liée à l'âge — recommandations de bonne pratique, octobre 2022.
  3. Chew EY, Clemons TE, Agrón E et al., Long-term Outcomes of Adding Lutein/Zeaxanthin and ω-3 Fatty Acids to the AREDS Supplements, JAMA Ophthalmology 2022 ;140(7):692-698.
  4. Heier JS, Lad EM, Holz FG et al., Pegcetacoplan for the treatment of geographic atrophy secondary to age-related macular degeneration (OAKS and DERBY), The Lancet 2023 ;402:1434-1448.
  5. Khanani AM, Patel SS, Staurenghi G et al., Efficacy and safety of avacincaptad pegol in patients with geographic atrophy (GATHER2): 12-month results, The Lancet 2023 ;402:1449-1458.
  6. Khanani AM, Danzig CJ, Heier JS et al., Avacincaptad Pegol for Geographic Atrophy: Two-Year Efficacy and Safety Results from GATHER2, Ophthalmology 2026 ;133(4):451-465.
  7. Agence européenne des médicaments, Syfovre (pegcetacoplan) — refus d'autorisation de mise sur le marché, décision du 16 décembre 2024, page mise à jour le 30 octobre 2025.
  8. Agence européenne des médicaments, Izelvay (avacincaptad pegol) — retrait de la demande d'autorisation, 24 octobre 2024, page mise à jour le 4 février 2025.